Le module 1 « différenciation cognitive » est destiné à exercer les fonctions cognitives de base (attention/concentration, mémoire, formation et maniement de concepts) par des exercices abstraits sous forme de jeux pédagogiques. Ces exercices permettent la sollicitation et l’amélioration des fonctions cognitives disponibles et l'apprentissage de stratégies compensatoires afin de diminuer les déficits cognitifs résiduels. La contribution du module 1 ne se limite pas uniquement à stimuler les fonctions cognitives. Il permet également d’établir le cadre d’apprentissage sécuritaire et nécessaire au bon déroulement du groupe afin que les participants y vivent des expériences de succès (Kielhofner, 2002).
Le module 2 « perception sociale » consiste à analyser en groupe des images (diapositives ou extraits vidéo) représentant diverses situations sociales dont le contenu cognitif simple et la neutralité émotionnelle du début progressent vers des situations cognitives complexes et émotionnellement plus chargées. Ce module entraîne, les participants, à décrire les détails objectifs de l'image, et par la suite, à interpréter son contenu. Ainsi, on cherche à éviter les interprétations inadéquates, à centrer l'attention sur les éléments objectifs de l’image et à corriger les schémas cognitifs erronés souvent rencontrés chez les personnes atteintes de schizophrénie. Le module 2 permet, aussi, aux intervenants de réaliser une première évaluation des schémas cognitifs des participants qui vont, plus tard, influencer leurs comportements de gestion des émotions et des problématiques quotidiennes (modules 5 et 6).
Le module 3 « communication verbale » s'attarde aux habiletés de base de la communication. Il permet aux participants, par différents jeux pédagogiques ou mises en situation, l'apprentissage des habiletés d'écoute, de compréhension et de réponses adaptées. Le participant est ainsi amené à travailler différents troubles de la communication fréquemment rencontrés chez la personne atteinte de schizophrénie (pauvreté du langage, perte du contenu, langage circonstancié, persévération, etc.). Le module 3 est un module charnière dans lequel le niveau des exigences individuelles est plus élevé mais, où l’esprit d’équipe s’installe progressivement. Ce module est donc propice pour travailler l’acquisition de nouvelles stratégies d’adaptation proposées par les intervenants.
Le module 4 « habiletés sociales » se veut une suite logique au module précédent. Il vise à développer un répertoire adéquat de compétences sociales dans une variété de situations sociales données. À l’aide de techniques cognitivo-comportementales (instructions, jeux de rôles, modelage, répétitions, renforcements, etc.), les participants sont invités, selon leurs possibilités et leurs besoins, à travailler diverses situations sociales susceptibles d’être rencontrées dans leur quotidien. Le module 4 est grandement inspiré des approches classiques d’habiletés sociales (Bellack et al., 2004; Liberman et al., 1993).
Le module 5 « gestion des émotions » s’intéresse au développement de meilleures stratégies de gestion des émotions. À partir d'une émotion évoquée dans une situation choisie (diapositive ou court extrait vidéo), les participants font une analyse détaillée de leurs réactions émotionnelles, questionnent la pertinence des stratégies adoptées, recherchent des stratégies alternatives plus favorables et, expérimentent les stratégies retenues. Le module 5 est un module exigeant qui demande aux thérapeutes une maîtrise élevée de leurs habiletés à gérer l’animation de groupe. Le défi est de maintenir le cadre thérapeutique déjà établi, tout en augmentant la complexité des situations sur le plan cognitif, perceptuel et des relations sociales.
Le module 6 « résolution de problèmes » consiste à analyser, avec les membres du groupe, des problèmes réels rencontrés au quotidien. Ces situations sont examinées selon les étapes de résolution de problèmes suivantes: identification et analyse du problème, élaboration cognitive du problème, recherche de solutions alternatives, discussion sur les solutions, choix d'une solution, mise en pratique et finalement, évaluation de son efficacité. Ce module sollicite la mise en application des habiletés acquises lors des modules précédents et propose des exercices, en situation réelle de vie, pour favoriser le transfert des apprentissages.
Le module 7 « vie quotidienne » (dans la version québécoise seulement) consiste en des sessions de relance (boosters sessions) progressivement plus espacées dans le temps. Elles permettent de réactiver certaines acquisitions obtenues dans les modules précédents mais surtout, de valider leurs applications concrètes lors de situations réelles de vie. Au cours de ces rencontres, les thèmes proposés par les participants varient selon les succès ou les difficultés rencontrées dans la maîtrise des événements quotidiens. Les exercices proposés aux participants reprennent donc au besoin les exercices ou outils développés dans les modules précédents. Ces sessions supplémentaires permettent également de faire le pont entre les apprentissages obtenus en fin d’IPT et l’élaboration d’un projet de vie, post groupe, adapté à leur situation et choisi par eux.
Le module 8 « projet de vie » (dans la version québécoise seulement) consiste à soutenir individuellement et/ou en groupe les participants à mettre en œuvre leur projet de vie. Il peut s’agir, entre autre, de la participation à un groupe dans la communauté, d’un retour à l’école ou d’une réinsertion professionnelle. Le suivi individuel peut se faire par le professionnel de réadaptation impliqué dans l’animation des modules IPT ou mettre à profit les autres membres de l’équipe clinique initiés à l’approche IPT et aux outils proposés aux participants lors de l’IPT.