Intégrer la recherche de pointe à la pratique clinique
L’une des principales forces du plan de développement du Centre de recherche Fernand-Seguin est certainement le développement d’une culture au sein de laquelle la recherche clinique, c’est-à-dire la recherche axée sur le patient, devient le fer de lance de la recherche et des soins aux patients. Ainsi, des projets d’envergure (par exemple le Projet Signature) serviront à établir une recherche directement axée sur les usagers de l’hôpital et permettront l’adoption des meilleures pratiques pour le traitement et le rétablissement des usagers.
Cette année, nous avons reçu un don de plus de 2 millions de dollars provenant à part égale de Bell Canada et de la Fondation Jeunesse-Vie. Ce don servira à développer l’intégration des applications mobiles pour le suivi et le traitement des patients, en plus de soutenir le développement du Projet Signature. À cet effet, nous avons lancé un appel d’offres afin d’encourager les chercheurs à développer ce créneau très novateur. Trois projets ont reçu un financement pour les deux prochaines années. Par ailleurs nos chercheurs deviennent de plus en plus compétitifs sur le plan des subventions, contribuant ainsi à développer une recherche clinique de pointe. Enfin, le développement de l’axe Transfert des connaissances et développement technologique a grandement contribué à développer une nouvelle culture organisationnelle où les cliniciens, les gestionnaires et les usagers participent au développement de la recherche axée sur le patient. Signalons que des journées scientifiques portant sur les meilleures pratiques en gouvernance clinique ont eu lieu au cours de l’année 2010 et qu’elles furent un réel succès. Lors de chacune de ces journées, près de 100 chercheurs, gestionnaires, cliniciens et usagers se sont côtoyés pour identifier les grands enjeux cliniques et de recherche qui seront à développer aux
cours des prochaines années.
Un million de Bell canada pour un projet novateur
La recherche en santé mentale émerge de la «décennie du cerveau» : l’envergure de la recherche fondamentale a posé les jalons de travail pour la génération suivante de traitements des maladies mentales. Mais ces connaissances n’ont pas encore commencé à améliorer le bien-être des Canadiens. Le taux d’incidence (actuellement 1 Canadien sur 5 au cours de sa vie) et les dépenses en santé mentale augmentent (plus de 8 milliards de dollars canadiens). En conséquence, les objectifs de la prévention et les techniques de traitement devront être développés.
Les stratégies du National Institute of Mental Health (NIMH), du MSSS et d’autres décideurs indiquent une direction concertée de la recherche clinique appliquée vers une « décennie du patient ». Le Plan d’action en santé mentale du Québec propose d’ailleurs une désinstitutionalisation et une responsabilisation du patient. En conséquence, le fait de promouvoir l’autonomie du patient dans la communauté comporte de nouveaux défis, un sentiment d’isolement accru, une surveillance réduite de la condition et de l’adhérence au traitement de l’usager, ainsi qu’un accès limité au soutien clinique au moment des périodes de crise. Pour aider les citoyens atteints de maladie mentale à réclamer leur juste place dans la société, des ressources innovatrices en technologie informatique mobile personnalisée doivent être développées.
Au cours de l’année 2010, grâce à un don important de Bell Canada visant à soutenir la recherche en développement technologique et santé mentale, des subventions de recherche ont été octroyées dans le but de développer, de tester et de valider 3 applications mobiles permettant une personnalisation des soins aux usagers. Un exemple d’application technologique est une application pour iPhone permettant aux usagers renvoyés et en attente d’un suivi en consultation externe d’utiliser un iPhone pour visionner l’accès aux centres de crises, pour un rappel automatique de leurs médicaments ou pour un soutien à distance.
Les succès du bureau de projets
Progression de la compétitivité et de la productivité L’un des objectifs du bureau de projets au centre de recherche est d’augmenter la compétitivité des projets de recherche soumism aux grands organismes subventionnaires. Pour ce faire, le bureau de projets offre un service de révision des subventions, ainsi que l’organisation de groupes de mentorat auprès des chercheurs juniors. Cette démarche a été initiée afin d’épauler les chercheurs d’une manière constructive et aidante. L’autre objectif est d’identifier les organismes susceptibles de subventionner les chercheurs et de les faire connaître aux chercheurs. Ce service, disponible depuis 2009, a permis d’augmenter la performance des chercheurs aux différents concours des organismes subventionnaires.
Nous avons observé une augmentation significative du taux de succès au concours de chercheur-boursier du FRSQ, passant de 12,5 % en 2008-2009 à 63 % en 2010-11 (figure 1). De plus, nous avons également noté une augmentation des montants par chercheurs quant aux subventions reçues des IRSC au mois de mars 2011 (figure 2). Pour l’exercice 2009-2010, la productivité scientifique mesurée, entre autres, par la moyenne d’articles publiés par chercheur indique que le CRFS se classe dans la moyenne des autres centres du Québec oeuvrant en santé mentale.
Nouvelles subventions des Instituts de recherche en santé du Canada
Neuf chercheurs ont obtenu des fonds de recherche des IRSC en tant qu’investigateur principal au concours de septembre 2010.
La recherche biopharmaceutique
Grâce à une subvention du Fonds de la recherche en Santé du Québec, nous avons l’opportunité de restructurer les activités de recherche biopharmaceutique. L’unité de recherche biopharmaceutique (URB) a pour but de favoriser la croissance de la recherche et le développement de traitements somatiques en santé mentale. Ces activités sont essentielles à l’exploration de nouveaux traitements somatiques, tels que de nouveaux médicaments ou de nouvelles interventions. De plus, la recherche clinique biopharmaceutique vise l’évaluation et l’amélioration de traitements existants.
Les pistes de recherche sont générées par les chercheurs et les cliniciens ainsi que par les trois institutions qui y sont affiliées. Certains projets font partie d’études nationales et internationales initiées par l’industrie pharmaceutique. Au-delà de l’importance de l’investigation neuropharmacologique pour rehausser l’arsenal thérapeutique, ce type de recherche a été identifié comme étant l’un des moteurs de l’économie québécoise. L’URB se situe dans le contexte du développement du Centre de recherche afin de contribuer à une recherche qui s’inscrit dans l’amélioration des soins des patients. Avec cette subvention nous avons recruté un associé de recherche, un évaluateur et un coordonnateur qui feront le lien entre les chercheurs, les partenaires (compagnies pharmaceutiques et autres établissements), le Comité d’éthique de la recherche et le personnel de l’URB. Les moyens utilisés pour augmenter les partenariats et être disponibles pour les chercheurs sont :
- La diminution des échéanciers des processus administratifs
- La centralisation de l’information et des communications (Site web, courriel centralisé, un espace de travail commun)
- Le recrutement de stagiaires de recherche par la création d’un centre d’enseignement biopharmaceutique et le développement de matériel didactique
Un réseau de communication a été mis en place pour permettre de relier les chefs de département de psychiatrie de quatre hôpitaux de la région métropolitaine sur le modèle d’un «Groupe de réflexion et de recherche en troubles de l’humeur». L’objectif de ce réseau est de maximiser la recherche biopharmaceutique en santé mentale, par le regroupement du bassin de population, l’expertise des cliniciens dans le domaine ainsi que l’expertise et la disponibilité de l’équipe de soutien à la recherche biopharmaceutique.
En conclusion, l’Unité de recherche biopharmaceutique du Centre de recherche vise des standards de qualité et d’efficacité, la mobilisation des partenaires et l’optimisation du travail en réseau.