La Chaire Eli Lilly Canada de recherche en schizophrénie, créée en 2003, consacre ses efforts à la détection et au traitement de la maladie dès ses premières manifestations. Les travaux de recherche englobent également la pharmacologie, la neuropsychologie cognitive, l’imagerie cérébrale, l’approfondissement des échelles d’évaluation, l’étude du sommeil, les psychothérapies cognitivo-comportementale et psychoéducative.
Titulaire de la Chaire
Selon le Dr Emmanuel Stip, psychiatre-chercheur à l’Hôpital Louis-H. Lafontaine, professeur agrégé au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal et titulaire de la chaire,«l’enjeu essentiel est de développer une recherche fondamentale et clinique, véritablement multidisciplinaire, visant à utiliser la technologie mise en oeuvre pour le développement clinique des nouveaux psychotropes ».
Eli Lilly Canada, une entreprise pharmaceutique, la Fondation de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine et la Fondation de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal ont contribué financièrement pour établir cette chaire. Cet important apport financier permettra aux chercheurs d’étudier cette maladie qui touche une personne sur cent et contribuera ainsi au développement d’une expertise hautement qualifiée en clinique et en recherche sur la schizophrénie.
Un sérieux déséquilibre biochimique cérébral
La schizophrénie est une maladie dévastatrice. Quoique les origines exactes de cette maladie demeurent toujours mystérieuses, on croit qu'un déséquilibre biochimique en est la cause. Caractérisée par des hallucinations, des pensées incohérentes et un arrêt des activités sociales, la schizophrénie se développe habituellement à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Environ 300 000 Canadiens en seront atteints à un moment ou un autre de leur vie*.
Si la schizophrénie n'est pas diagnostiquée et traitée rapidement, la maladie devient chronique. Ses impacts socio-économiques sont considérables en raison des pertes d'emploi que la maladie fait vivre à plusieurs personnes atteintes, aux nombreuses hospitalisations qu'elle engendre et des effets négatifs qu'elle inflige aux familles. Les coûts directs et indirects de la schizophrénie dépassent les 4 milliards de dollars par année au Canada*.
Les agendas électroniques peuvent améliorer la condition des schizophrènes
Les nouvelles technologies s’annoncent prometteuses dans le suivi des personnes atteintes de schizophrénie. Voilà la conclusion d’une recherche menée conjointement au Québec et en France et dont les résultats ont fait l’objet d’une présentation dans le cadre de la journée scientifique annuelle de la Chaire Eli Lilly Canada de recherche en schizophrénie de l'Université de Montréal le 4 juin 2008.
La schizophrénie est associée à des troubles du fonctionnement qui altèrent la capacité des personnes qui en sont atteintes à organiser leurs activités de la vie quotidienne. Afin d’améliorer leur autonomie et d’alléger la charge de leurs aidants, les chercheurs ont remis à des patients des agendas électroniques (de type BlackBerry) programmés en fonction de leurs besoins spécifiques. Ces agendas avaient notamment pour fonctions le rappel des activités quotidiennes à réaliser, l’évaluation de la fréquence des symptômes et l’acheminement de demandes d’assistance à l’équipe traitante. Les patients qui participaient à la recherche ont apprécié le recours à cette technologie qui permettait de rendre leur environnement plus sécurisant et convivial. Cette assistance leur a permis d’améliorer leur estime d’eux-mêmes, laissant ainsi présager un meilleur fonctionnement social susceptible de faciliter leur réinsertion.
Du point de vue des intervenants, les agendas électroniques ont permis une amélioration de la communication et du suivi des symptômes des patients, permettant ainsi d’adapter davantage le traitement aux besoins de chaque patient. Selon le titulaire de la Chaire de recherche en schizophrénie, le Dr Emmanuel Stip, psychiatre-chercheur à l’Hôpital Louis-H. Lafontaine, « cette étude constitue une première étape pour mieux connaître les besoins des patients et des intervenants ». D’ailleurs, bien que l’étude ait démontré que l’application soit facile à utiliser, quelques modifications devront être apportées afin d’améliorer son utilité, notamment l’ajout d’un signal (sonore ou vibrant) pour alerter le patient qu’une tâche doit être réalisée. Une fois les ajustements apportés, les intervenants se disent très intéressés à utiliser cet outil et à le proposer à leurs patients. Les patients, pour leur part, sont persuadés que l’utilisation d’un tel outil leur serait très profitable.